En matière de SPS, la situation s'est aggravée en 2002 pour les exportateurs européens suite à un embargo sur plusieurs produits chinois (miel, produits carnés et de la mer) décidé par le Comité vétérinaire permanent de l'Union européenne. Les autorités chinoises ont mis en place des mesures de rétorsion concernant principalement les cosmétiques et les bois d’emballage en provenance de l’Union européenne.
L'importation de produits alimentaires est conditionnée à la conclusion préalable de protocoles sanitaires bilatéraux. La Chine avait pris des engagements en la matière mais les délais n'ont pas été tenus et les négociations quasiment figées en 2002 (à l'exception notable de la conclusion d'un important accord sur les plants de vignes). A ces contraintes SPS s'ajoute l'entrée en vigueur fin 2002 d'un régime d'approbation de l'étiquetage des produits alimentaires importés. Long (3 mois en théorie mais plus en réalité), complexe et coûteux, ce dispositif est très critiqué par les entreprises étrangères du secteur.
La situation est également très complexe pour les cosmétiques dont l'importation est doublement entravée par l'application cumulative d'un régime d'enregistrement (qui induit des tests d'innocuité) auprès du ministère de la santé et d'un dispositif, largement redondant, d'approbation d'étiquetage, de la compétence de l’administration chinoise de la quarantaine (AQSIQ). Cette situation s'est encore aggravée en 2002 avec l'interdiction des produits cosmétiques originaires de pays ayant déclaré des cas d'ESB, à moins qu'ils soient accompagnés de certificats sanitaires officiels. Adoptée en rétorsion à la décision communautaire d'embargo, cette mesure est dépourvue de justification scientifique. Grâce à l’accord finalement conclu entre la Fédération des Industries de la Parfumerie (FIP) et l’AQSIQ sur la forme du certificat requis, les exportations de cosmétiques ne contenant aucun ingrédient d’origine animale ont pu reprendre début 2003. Le problème demeure s’agissant des produits contenant des ingrédients d’origine animale pour lesquels des analyses de risque sont demandées.
Enfin, le nouveau régime d'homologation de sécurité, dit CCC (China Compulsory Certificate), est devenu obligatoire le 1er août 2003. Les 132 produits concernés (appareils électriques, électroménager, moteurs et automobiles, etc.) doivent désormais être certifiés qu'ils soient importés ou produits localement. La Chine a ainsi unifié deux systèmes de certification potentiellement redondants dont l'un était appliqué de manière discriminatoire aux produits importés. Malgré ces aspects positifs, le CCC restreint l’accès au marché en faisant peser un coût sur les exportateurs : marquage obligatoire non seulement pour les produits finis mais également pour certains composants, nombre déraisonnable de documents à fournir, coût excessif (notamment à cause de la visite d’usine qui implique le déplacement d’experts chinois), absence de choix de l'organisme certificateur. Pour l'industrie automobile, la procédure est particulièrement pesante et coûteuse parce qu'elle implique le marquage de certaines pièces et la réalisation dans un laboratoire chinois d'un test destructif.
Commentaires